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Résurrection sur la Baltique » Ecologie : un autre regard | Bloguez.com

 Résurrection sur la Baltique

3/9/2009

Enclavée, peu profonde et entourée de pays fortement industrialisés, la Baltique n’est pas un des meilleurs endroits où aller si l’on veut nager[1] dans une mer non-polluée.

 

Depuis longtemps déjà, cette mer est le lieu d’observation de dégradations de l’environnement très diverses. Nitrates produits par l’agriculture intensive, effluents industriels (y compris radioactifs) et même armes de guerre en grande quantité ont rapidement dégradé l’environnement marin, d’autant que l’évacuation des eaux y est extrêmement lente en l’absence de courants marins puissants. L’accumulation de particules toxiques et l’absence d’oxygène (provoquée par la prolifération des algues, notamment à cause des engrais et détergents) a même formé de vastes zones mortes sur un tiers de la superficie de la mer.

 

Des projets d’aménagement ont été, et sont encore, réalisés sans étude d’impact sur l’environnement. Les anciens pays de l’Est, grevés par un passé peu soucieux de l’écologie, sont particulièrement concernés.

 

Pourtant, la dégradation n’est pas une fatalité. En novembre 2007, les Etats riverains de la Baltique ont adopté, dans le cadre de la commission d’Helsinki[2], un plan d’action visant à améliorer l’état des eaux à l’échéance de 2021.

 

En 2008, le WWF avait sorti ses premiers résultats, constatant un retour des poissons et une baisse des émissions de polluants, à l’aide d’un rapport évaluant les performances des Etats riverains en fonction des critères suivants : biodiversité, poissons, substances dangereuses, transport maritime, eutrophisation et développement d’un système intégré de gestion de la mer. Les « premiers de la classe » étaient l’Allemagne puis le Danemark (avec un « score » cependant moyen).

A l’Est aussi, il y avait du nouveau : le WWF a adressé ses félicitations aux gouvernements letton et lituanien pour la lutte contre la pêche illégale des morues.

 

Et cette année aussi, les résultats sont au rendez-vous : fin août, la commission HELCOM a pu annoncer une baisse des rejets clandestins d’hydrocarbures en mer, de l’ordre de 10% en un an, et de 55% en dix ans.

Mieux encore, le Conseil international pour l’exploration de la mer a annoncé que le stock de morue dans l’Est de la Baltique était revenu au niveau que l’Union européenne souhaitait atteindre pour… 2015 !

 

Une stratégie internationale pour gérer la mer est par ailleurs dans les cartons de l’UE, et sortirait, si tout va bien, en octobre prochain.

 

Il y a 70 ans, c’était de la Baltique, sur le port de Dantzig, que partit l’étincelle qui embrasa l’Europe entière, pour la plus horrible guerre de son histoire.

Il y a vingt ans, c’est de ce même port, désormais appelé Gdansk, que débuta le processus qui entraîna la chute du Rideau de Fer, et la fin de la séparation qui a mutilé l’Europe pendant un demi-siècle.

Aujourd’hui, la Baltique est peut-être une fois de plus sur le point d’enclencher une nouvelle dynamique, une dynamique de combat pour la protection de l’environnement, à suivre dans les mers de toute la planète.

 

Sources :

« L’état de santé de la Baltique, une des mers les plus polluées du monde, montre des premiers signes d’amélioration », Olivier Truc, Le Monde, 3 septembre 2009.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Baltique

http://assets.panda.org/downloads/wwf_balticseascorecard2008.pdf

 

Illustration : une vue de la mer Baltique.

 



[1] Si on peut dire, l’eau n’y dépasse pas 16°C en plein été…

[2] Dite « HELCOM » : commission internationale composée de tous les Etats bordant la mer Baltique, instituée en 1980.

Tags : Baltique mer Europe pollution

Catégorie : Mers et océans Ecrire un commentaire |

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